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Nous considérons que les politiques territoriales doivent être repensées.

Leurs logiques doivent être redéfinies si l’on veut éviter que se dessine une France minée par un séparatisme  social et culturel, amorce d’une crise profonde du « vivre ensemble ».

 

Nous constatons que les fractures sociales, les effets de « ghettoïsation » constatés dans nombre de villes, qui « assignent à territoire » des populations de plus en plus marginalisées et stigmatisées, ne trouvent pas de réponses fortes dans les politiques de la ville mises en place depuis une trentaine d’années. Les rapports successifs de l’Observatoire National des Zones Sensibles attestent que les choses ont peu bougé dans les 5 domaines observés : habitat/emploi/activité économique/réussite scolaire/ santé/ sécurité et tranquillité publique. Toujours deux fois plus de pauvres, deux fois plus de chômeurs.

 

Ne peut-on pas s’interroger ? Les ségrégations en tous genres – urbaines, scolaires – dont souffrent les quartiers populaires ne trouvent-elles pas leur origine dans un processus dont on ne parle guère : la volonté des possédants de rester « entre soi » et de repousser loin d’eux tout ce qui n’est pas comme « eux » ?

 

Nous savons pourtant combien ces territoires blessés, entravés, souffrant de mille injustices, loin d’être en retard, sont en avance par le dévouement, l’ingéniosité, la générosité d’associations et d’acteurs de terrain qui inventent ensemble, et bien avant le reste du pays, la France de demain : une république pluriculturelle et pluriethnique.

 

Nous suggérons que l’on établisse dans les quartiers populaires les conditions d’exercice d’une pleine citoyenneté politique et sociale, seule à même de conjurer les menaces de sécession sociale existant dans un territoire où questions sociales et raciales sont présentes. Les citoyens de nos cités y sont favorables.

Dans ce cadre, les associations de l’Education Populaire peuvent avoir un rôle important à jouer pour que les tentatives de re-prise de parole, de participation active des habitants à la construction de la vie de la cité, soient effectives, tant dans l’élaboration que dans la décision.

 

Pour nous, plutôt que de panser la ville, il conviendrait de la penser en développant des dispositifs de droit commun en concertation avec les acteurs de terrain.

"C'est la personne qui porte la chaussure qui sait le mieux si elle fait mal et où elle fait mal, même si le coordonnier est l'expert qui est le meilleur juge pour savoir commment y remédier." John Dewey, philosophe

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